Communiqués
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Le récent massacre à Odessa de 43 militants qui occupaient une place de la ville et s’étaient réfugiés dans la Maison des Syndicats voisine montre le vrai visage du gouvernement choisi de facto par Washington (réalité occultée par la plupart des média occidentaux), et comment ce gouvernement laisse opérer en toute impunité ses milices fascistes. Ceux qui survécurent à l’incendie furent soit froidement assassinés – parmi eux divers militants de partis progressistes, une femme enceinte et une femme de ménage – soit emprisonnés par les autorités, tandis que les meurtriers ne furent pas inquiétés.

Il s’agit d’une étape de plus dans la tentative des États-Unis de prendre le contrôle de ce pays situé au cœur du monde slave, en utilisant n’importe quels moyens pour le faire basculer tout entier, et de perpétuer leur hégémonie en vertu de la doctrine Wolfowitz, selon laquelle, pour les USA, «l’objectif est de ne pas permettre que surgisse un nouveau rival, ni sur le territoire de l’ancienne URSS ni nulle part ailleurs.»

Cette entreprise se fait en coordination avec le FMI et l’OTAN, tandis que l’Union européenne et ses Etats membres sont relégués à leurs propres frontières au rôle de républiques bananières, complices et payantes, avec la bénédiction de deux résolutions du Parlement européen présentées par les groupes PPE (CDH), ALDE (MR), groupe S&D (PS) et Verts-ALE (ECOLO) – seul le groupe GUE/NGL s’étant opposé à ces résolutions.

VEGA exprime sa pleine solidarité avec le peuple ukrainien et les forces démocratiques qui s’opposent à la montée du fascisme et à ce gouvernement tout aussi corrompu et bien plus violent que celui de l’ex-président Ianoukovitch. VEGA se déclare catégoriquement opposé à toute forme d’ingérence dans ce pays et exige que soit respectée la volonté des Ukrainiens de ne voir leur pays s’aligner ni sur l’Occident ni sur la Russie, mais de pouvoir développer des relations politiques et économiques harmonieuses avec toutes les  parties, comme un pays non-aligné.

VEGA appuie la volonté des secteurs progressistes d’Ukraine de voir les ressources naturelles de leur pays consacrées au bien-être de sa population, en s’opposant  à la destruction de l’environnement et au pillage de leur pays par le FMI, les compagnies transnationales ou les oligarques, les investisseurs étrangers qui accaparent les meilleures terres et les entreprises minières et pétrolières, qui comme Chevron, veulent y  exploiter le gaz de schiste.

Au lieu de garantir un appui inconditionnel au gouvernement de Kiev, la Belgique et l’UE doivent  exiger du celui-ci, comme l’a fait courageusement la Bulgarie, le démantèlement immédiat des milices qui terrorisent la population ainsi qu’une enquête indépendante sur le massacre d’Odessa. Elles doivent exiger que cessent les opérations militaires et l’ application de la législation « anti-terroriste » à ceux qui manifestent leur opposition au gouvernement; que soient exclus du gouvernement ukrainien tout ministre ou haut fonctionnaire appartenant à un parti se revendiquant du nazisme ou du fascisme; et que soit remplacé le procureur national, membre du parti Svoboda, qui refuse que soit menée une enquête sérieuse sur l’origine des tirs qui ont fait des victimes dans les deux camps aux abords de la place Maïdan le 22 février.

VEGA s’oppose aux  sanctions économiques et aux tentatives d’isolement  de la Russie, au déploiement de l’OTAN dans les autres pays de l’Est et bien sûr en Ukraine, et à la participation de la Belgique à quelque mission ou manœuvre militaire que ce soit dans cette région. Notre mouvement s’inscrit résolument dans la tradition pacifiste de Jean Jaurès, qui s’opposa au vote du budget de la guerre à la veille de la première guerre mondiale.