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LA QUERELLE AUDIOVISUELLE DES VIEUX PARTIS N’HONORE PAS LA POLITIQUE.

VEGA DEMANDE QUE LES VRAIS DEBATS SOIENT AFFRONTES SANS CHICHIS !

La participation du Premier ministre à l’émission « Sans chichis » alimente depuis cinq jours une polémique dont l’intensité et la durée sont révélatrices.

Convaincus peu ou prou des vertus du « laisser faire, laisser passer » néo-libéral (conviction encore illustrée par leur ratification du traité budgétaire européen il y a quelques semaines), les quatre partis installés au pouvoir se sont privés de précieux leviers pour améliorer la vie de la Cité. Ils en sont réduits à rechercher non plus l’adhésion des citoyens à leur projet politique, mais la sympathie du plus grand nombre à l’égard de leurs mandataires. Les émissions de divertissement et les autres formes de pipolisation des élus participent de ce repli narcissique vers la facilité et la démagogie.

L’hypersensibilité du MR, du CDH et d’ECOLO à l’enjeu de l’accès aux émissions de divertissement cache mal leur crainte de n’en pas obtenir leur part. Qu’est-ce qui chagrine M. REYNDERS ainsi que le CDH et ECOLO, qui lui ont emboité le pas au sein du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ? L’image écornée du politique que ces émissions projettent inévitablement (quel que soit l’élu ou le candidat qui s’y prête) ? Ou le fait que le PS ait jusqu’ici été le seul à avoir reçu sa ration d’insouciantes badineries face caméra ?

Dans la première hypothèse, le comportement des trois partis furieux ne sauvera malheureusement pas la mise : des gesticulations qu’ils observent depuis jeudi dernier, les citoyens garderont hélas l’impression d’une bagarre puérile entre quatre états-majors de pacotille – lesquels sont au moins d’accord sur une chose : la réduction à la portion congrue du temps d’antenne alloué à toute formation non membre de leur club. Les citoyens s’en souviendront lorsque PS, MR, ECOLO et CDH taxeront de « populiste » toute expression radicale d’un désaccord de fond avec la politique qu’ils mènent ou cautionnent.

Le Mouvement VEGA demande que les vrais débats ne soient pas éludés. Par exemple, quand PS, MR, CDH et ECOLO s’attaqueront-ils vraiment à la pauvreté en expansion, qui frappe un bébé wallon sur quatre ? Madame ONKELINX, en tant que Vice-première ministre, remet ostentatoirement un chèque (modeste) lors de l’opération « Viva for Life », mais le gouvernement fédéral maintient, pour 55 000 chômeurs, la suppression de leur allocation dans un an. Quand respectera-t-il les droits humains fondamentaux des réfugiés de pays en guerre et des enfants de familles en séjour illégal, que le nouveau dispositif des « centres de retour » jette actuellement dans la clandestinité ? Quand mettra-t-il sur la table une politique énergétique et de mobilité enfin ambitieuse face au défi climatique et, face au sentiment d’abandon de nombreux citoyens en détresse financière et morale, la revalorisation du service public et la gratuité de certaines de ses prestations ?…

Pour VEGA, ces enjeux-là et les personnes en danger qu’ils concernent méritent mieux que la politique du prime time. Ceux qui pensent pouvoir les éluder à coup de marketing politique ou de règlements de comptes au CSA n’honorent ni l’idéal démocratique, ni le mandat qui leur a été confié.