Communiqués
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Le Gouvernement kamikaze nous a habitué depuis sa prise de fonction à choisir en toute circonstance le camp des organisations patronales aux dépens des travailleurs et des précaires.  Alors qu’il avait promis en campagne de ne pas s’attaquer à l’index, le MR et son Premier Ministre viennent à nouveau de manger leur parole.

Ce choix, car la politique consiste à faire des choix, est une injustice faite à tous les salariés, fonctionnaires et aux personnes bénéficiant d’une allocation sociale.  Cette mesure touchera le plus durement les citoyens les plus pauvres.  Rappelons qu’un belge sur sept vit pourtant déjà sous le seuil de pauvreté.

C’est une mesure inefficace puisque selon le Bureau du Plan lui-même, elle ne permettra de créer que  28.500 emplois sur 5 ans pour un coût total de 2,6 milliards d’euros. C’est donc bien un nouveau cadeau patronal et non une mesure réellement créatrice d’emploi.

Ce saut d’index s’inscrit dans le cadre des politiques d’austérité engendrées par le concept libéral de « compétitivité » qui donne désormais le la de la politique salariale.  Il ne s’agit plus de questionner la juste répartition des richesses produites, alors que la part des salaires dans le PIB a pourtant baissé de 12% (soit plus de 40 milliards d’euros) en 30 ans, et alors que les dividendes versés aux actionnaires ne cessent de croître, mais de faire du salaire la variable d’ajustement principale d’une compétition commerciale entre Etats.

Sur le front de la lutte quotidienne de terrain, le mouvement VEGA joint avec conviction ses forces à celles des organisations syndicales et des mouvements sociaux qui s’opposent à cette mesure régressive. Nous soutenons et participerons aux mobilisations présentes et à venir.

Plus fondamentalement, nous pensons que cette mesure est symbolique des dérives liées à la mondialisation libérale.  Les travailleurs sont aujourd’hui mis en concurrence au-delà des frontières et leur salaire est devenu la variable d’ajustement de cette compétition mondiale. Le mouvement VEGA souhaite rompre avec cette logique.  Pour retrouver des marges de manœuvre, pour se réorienter dans une perspective éco-socialiste, c’est à dire démocratique, post-productiviste, relocalisée et socialement équitable, nos économies doivent en finir avec la logique du libre-échange qui dans le même temps détruit la planète et exploite les travailleurs.

C’est pourquoi nous portons haut la revendication du protectionnisme social et environnemental solidaire, ainsi que le développement de filières de production endogènes.  Nous entendons mener un travail afin de populariser ces deux mesures. L’Union européenne doit évaluer les conditions sociales et environnementales dans lesquelles les produits importés sont fabriqués (délivrance de visas sociaux et environnementaux) et prendre à l’égard de ceux qui ne satisfont pas à ces critères des mesures allant de la taxation (taxe kilométrique, par exemple) à l’interdiction (par exemple pour les biens produits grâce au travail des enfants ou au travail forcé), en passant par des systèmes de limitation (quotas). Le produit de ces taxes doit être reversé aux organisations sociales ou environnementales des pays d’origine.