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Les 16, 17 et 18 décembre derniers, le Parti de la Gauche Européenne organisait son cinquième congrès à Berlin afin de définir son cadre d’action politique et élire ses organes de représentation pour les trois années à venir. Pendant trois jours, les délégations des partis présents et les invités internationaux ont échangé à propos de la situation politique critique du continent européen ainsi que des alternatives à mettre en place pour reconstruire un projet européen répondant aux défis du XXI siècle et aux attentes des citoyens.

Pour atteindre cet objectif, l’assemblée a souligné l’importance de la construction d’alliances politiques progressistes larges pour faire face à la montée de l’extrême-droite. C’est pourquoi le Parti de la Gauche Européenne a pris la décision d’organiser un forum annuel permanent réunissant toutes les forces politiques et sociales progressistes européennes souhaitant rompre avec le néo-libéralisme, le capitalisme et l’austérité. Il a également procédé à l’intégration en son sein de huit nouveaux mouvements et partis politiques partageant ses principes politiques fondateurs. Parmi ceux-ci, le Mouvement VEGA qui a été reconnu comme membre observateur du Parti de la Gauche Européenne.
Vous trouverez ci-dessous le texte de présentation du Mouvement VEGA lu par notre camarade Dimitri Zurstrassen lors de congrès du Parti de la Gauche Européenne:

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Premièrement nous vous remercions pour votre invitation à participer à ce cinquième congrès de la gauche européenne. C’est pour nous un grand honneur d’être ici à Berlin pour échanger politiquement avec des camarades de toute l’Europe durant cette période d’instabilité pour le continent.

Le projet européen, comme vous le mentionnez dans votre document politique pour ce congrès, est dans une crise existentielle. Il ne paraît aujourd’hui pas en mesure de répondre aux défis de notre temps que ce soit la crise environnementale qui met en péril l’existence même de l’espèce humaine, la grave crise économique et sociale que subissent les États et leurs citoyens singulièrement depuis 2008 ou encore les défis démographiques et de la migration. Les institutions européennes n’ont eu comme réponse à ces enjeux que d’appliquer davantage encore des politiques économiques ultralibérales qui constituent pourtant un désastre, détruisant les services publics, faisant augmenter la pauvreté et croître les inégalités au profit d’une seule classe sociale ainsi que du secteur financier.

En ne donnant pas de réponse efficace à ces enjeux, les institutions européennes ont en outre permis la montée dangereuse des forces xénophobes et nationalistes dans tout le continent. La Belgique n’est pas épargnée par ce mouvement étant gouvernée au niveau fédéral pour la première fois de son histoire, par une coalition dans laquelle un parti nationaliste flamand xénophobe détient tous les ministères régaliens : La Défense, l’Intérieur, la politique d’asile et l’immigration et l’Economie et les Finances. Ce gouvernement applique la politique économique la plus antisociale depuis les années 80 : Précarisation et pauvreté accrue de nombreux travailleurs pauvres, chasse aux chômeurs, aux malades, aux allocataires sociaux, atteinte aux droits syndicaux, reculs démocratiques, atteintes aux libertés individuelles, destruction des services publics en appliquant des coupes budgétaires drastiques et en menant des privatisations. Pendant ce temps, la lutte contre la fraude fiscale ne mobilise pas, c’est un euphémisme, la même énergie de la part de ce gouvernement. Cette politique n’a fait qu’aggraver les inégalités au sein de la population et la situation économique du pays avec une dette publique en hausse constante.

Ces problèmes sont similaires pour la majorité des pays européens. Plus que jamais, nous pensons qu’il est nécessaire de se coordonner au niveau européen pour partager nos expériences, construire un projet alternatif radical, ambitieux et concret pour affronter les crises afin que les citoyens retrouvent l’espoir qu’une sortie par le haut de cette situation est possible. Ce projet, au Mouvement VEGA, nous l’appelons l’écosocialisme. Mais le nom importe moins que le contenu. Il s’agit de réimbriquer l’économique dans un projet politique émancipateur et démocratique, de le circonscrire aux limites de la planète finie qui est la nôtre, de lui donner sens.

Nous sommes fortement convaincus au sein de notre mouvement politique que seulement une large alliance des forces politiques, et sociales progressistes au niveau européen peut porter ce programme de changement. Le Parti de la Gauche européenne représente pour nous un outil important pour construire cette unité-la. Ce fut le motif de notre participation au congrès du Parti de la Gauche Européenne à Madrid en décembre 2013 et de notre travail modeste mais résolu et constant avec les différentes forces européennes de la gauche radicale depuis notre création en février 2014.

C’est pour cela que nous souhaitons remercier chaleureusement le groupe de travail élargissement et le Conseil des Présidents du Parti de la Gauche européenne pour avoir soutenu notre candidature à l’adhésion comme membre observateur du Parti de la Gauche européenne. A la mesure de nos moyens, nous souhaitons à l’avenir mettre toute notre énergie pour la construction de ce projet alternatif avec vous tous et toutes.

Adelante !