Communiqués
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Dans le cadre champêtre de l’ancienne ferme-château de Daussois, venus de toute la Wallonie et de Bruxelles, et quelques-uns de Flandre, dans un sympathique mélange des générations, les participants ont mesuré les possibles d’une société différente.

A la lumière d’expériences d’autogestion comme celle du village de Marinaleda en Espagne, qui existe depuis 40 ans, de participation comme celle des jardins collectifs à but social de la région namuroise ou de démarche de permaculture,  les participants se sont interrogés sur le sens du travail, du temps, de la propriété dans un monde où les technologies numériques et la robotique prennent la place de l’humain ou l’obligent à s’adapter à des normes  de productivité qui ne lui sont ni naturelles, ni nécessaires.

Comment, dans ce contexte de plus en plus tendu et dirigé, se réapproprier nos vies, le temps, le contenu des emplois, les biens communs ? Quelles luttes sont à mener ? Les débats furent  très ouverts, les informations précises des acteurs de terrain et de spécialistes comme Bruno Poncelet, côtoyaient la réflexion philosophique et politique.

Armés de la vision d’un nouveau contrat social à construire, l’assemblée a consacré le dimanche aux luttes locales et leur signification dans un combat plus global.

Les enjeux de la lutte la ZAD de Haren, menée par diverses associations harenoises et soutenue par des groupes plus larges, dépassent la défense d’un territoire agricole contre la construction d’une Méga-prison. Ils soulèvent les questions de la conception de la peine et de l’incarcération, la place des citoyens dans la réflexion et la décision sur de tels projets, les dangers des partenariats public-privé dans les domaines des institutions et services publics.

La lutte des sans-papiers, dont la démarche s’inscrit dans les difficultés quotidiennes à dépasser, la revendication d’une vie digne, la solidarité à conquérir, ouvre la réflexion sur les causes et la responsabilité de nos Etats, de l’Europe et de l’Otan. Les témoignages et analyses données par les représentants de la Voix des sans-papiers, et de la Coordination des sans-papiers, forcent  le respect par le dépassement  de leur cause particulière et  leur capacité à décrire les mécanismes et les dérives de la société actuelle. Ils appellent la fraternité et l’ouverture des citoyens belges, non seulement à la situation humanitaire, mais aussi à l’inscription de ce combat qui rejoint tous les autres pour une société où chacun  retrouverait  ses droits et ses libertés.

Dans la détente et la joie de vivre, les repas conviviaux, les rencontres informelles et la soirée du samedi animée par le talentueux  groupe « Who’s the man », ces journées permirent  à la fois le décryptage de sujets difficiles, les retrouvailles des militants, les rencontres avec des sympathisants, le partage avec les militants d’autres mouvements, et un moment d’exceptionnelle harmonie.