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Le bug informatique de la journée électorale du dimanche 25 mai a mis en évidence la véritable menace pour la démocratie que constitue le vote électronique, une procédure abandonnée par la plupart des pays voisins mais à laquelle les dirigeants politiques belges s’accrochent obstinément .

En effet, comme ne cesse de le dénoncer depuis 2003 l’association citoyenne “PourEVA” (Pour une Éthique du Vote Automatisé) dont VEGA salue le combat [http://www.poureva.be/], « Il n’est pas besoin d’entrer dans plus de détails techniques pour mettre en évidence l’incompatibilité d’un tel système avec un principe de base d’une élection démocratique. Il s’agit du critère essentiel de validité d’un système électoral qu’est le contrôle effectif des opérations électorales par les citoyens-électeurs eux-mêmes ». De plus, ce système bafoue le secret du vote.

VEGA s’oppose fermement au vote électronique

En plus du fait que ce système a montré ses limites (bugs, risque de fraude,  etc…), et son coût élevé, la raison principale de notre opposition découle du caractère antidémocratique de celui-ci lequel, comme tout système informatique est manipulable et achetable, le citoyen n’ayant aucune possibilité sérieuse de contrôler le contenu des  programmes. Du fait de cette absence de transparence, le contrôle du début à la fin du processus électoral par le peuple souverain est bafoué. Le pouvoir que ce système accorde à des « experts » n’émanant pas du suffrage universel, comme mis en évidence par ce bug, n’est pas là pour nous rassurer.  C’est avec raison que “PourEVA” se demandait au lendemain du scrutin : « Les résultats des élections aux mains exclusives des techniciens informatiques ? » [http://www.poureva.be/spip.php?article836].

VEGA proteste contre l’assimilation de 2.000 votes valides exprimés par des citoyens à des votes nuls, tel que suggéré par l’Intérieur aux présidents des Bureaux principaux, « parce que l’électeur aurait modifié son vote en cours d’opération ». VEGA s’insurge contre cet acte arbitraire qui lèse les citoyens ! Comme le signale « PourEVA » dans un communiqué, « Outre qu’il est totalement inacceptable qu’un vote correctement exprimé soit ultérieurement annulé pour des raisons techniques, il est paradoxal de constater que la majorité des recours introduits lors des scrutins précédents ont été finalement déboutés considérant que l’électeur avait la possibilité de modifier son vote. Aujourd’hui, le Ministère de l’Intérieur nous dit que cette possibilité de modification aboutit à l’annulation de son vote. »

Pas de vision technophobe de la part de VEGA, bien évidemment, mais bien une approche vigilante et lucide qui ne perd pas de vue à quel point il est plus facile de corrompre des machines  qu’un groupe humain organisé. Des événements récents nous le montrent clairement : NSA, PRISM, ordinateurs du Comité R et des Affaires Étrangères, etc….

Tous contre le vote électronique ?

Tout comme lors des bugs informatiques précédents, celui du 25 mai a fait apparaître une cohorte de dirigeants de partis, de la majorité et de l’opposition, farouchement opposés au vote automatisé, certains « depuis toujours ». On peut dès lors se demander comment il se fait que le vote électronique ait pu être instauré un jour et qu’il reste encore en vigueur 20 ans plus tard? On entend déjà dire qu’un tel bug informatique  ne se produirait pas avec du matériel plus moderne. Hormis la fausseté de l’argument, les tenants de cet argument omettent de rappeler le coût énorme de ce matériel de même que celui des firmes privées appelées pour le gérer. Du nouveau matériel ne résoudrait pas le problème fondamental de l’absence de contrôle citoyen.

VEGA doute de la sincérité de ce soudain élan démocratique de la part de ceux qui ont instauré et maintenu le vote électronique en Belgique. Ce, d’autant plus que nous savons que ce dernier bug informatique ne constitue pas la première alerte mettant en question cette procédure et que celle-ci n’est pas non plus la première fois que la fin de ce système est annoncée. VEGA s’engage auprès des citoyens à rester vigilant et à suivre minutieusement la mise en pratique effective des annonces entendues à l’occasion de ce  bug informatique.

Retour immédiat au vote papier avec contrôle des citoyens-électeurs !