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Les réfugiés afghans méritent une réponse claire du gouvernement

Communiqué de presse, lundi 16 décembre 2013

Par la voix de son ministre de la défense, M. Peter De Crem, le gouvernement belge vient d’indiquer que les six F-16 et le contingent militaire belges continueront à opérer en Afghanistan jusqu’en 2015. Le site web du ministère belge des Affaires étrangères déconseille quant à lui formellement les voyages en Afghanistan, avertissant que « la situation sécuritaire (y) est très problématique », que « des zones entières du pays, en ce compris les grandes agglomérations, font face àune insurrection armée », que « le conflit occasionne plus d’un millier de morts violentes chaque année » et que « le danger peut prendre la forme d’attentats à la bombe, d’attaques suicides, d’enlèvements, de confrontations armées, d’attaques le long des routes, qui (…) touchent de façon indiscriminée les personnes présentes alentours ».

Depuis plusieurs semaines, le même gouvernement oppose pourtant un refus persistant à des demandeurs d’asile afghans qui implorent que soit reconnue leur qualité de réfugiés de guerre et qu’on leur accorde le séjour.

Comment l’Afghanistan peut-il être à la fois

  • suffisamment dangereux pour y maintenir une présence militaire non négligeable ; et
  • suffisamment sûr pour y expulser des demandeurs d’asile ?

Le gouvernement belge est parfaitement informé de la réalité très instable du théâtre afghan. Qu’il maintienne dans la clandestinité les demandeurs d’asile afghans (c’est-à-dire leur refuse tout droit autre que l’aide médicale urgente) n’est pas seulement paradoxal, c’est illégal à la lumière de la convention de Genève sur les réfugiés et des traités internationaux relatifs à la protection subsidiaire dont doivent bénéficier les réfugiés provenant de pays en guerre.

L’attitude du gouvernement belge est en outre politiquement injustifiable, dès lors que l’essentiel de l’accueil des réfugiés dans le monde est assuré par des pays beaucoup moins riches que le nôtre. Bon an, mal an, la Belgique examine 25 à 40 000 demandes d’asile et en accepte un faible pourcentage. Rien à voir avec ce qu’un pays comme la Jordanie, par exemple, consent depuis plusieurs mois : l’accueil de centaines de milliers de réfugiés syriens sans déroger à une application loyale de la convention de Genève.

Nous notons encore que, parmi le groupe de demandeurs d’asile afghans, se trouvent une dizaine de fillettes en âge scolaire : en Afghanistan, elles ne seraient pas scolarisées parce que ce sont des filles. En Belgique, elles ne le sont pas parce qu’elles sont afghanes. Certains enfants ont des soucis de santé et ne sont pas correctement soignés, comme le petit Zaki, trois ans, qui a de gros problèmes dentaires. Non urgent, sans doute, mais il se réveille quand même toutes les nuits… La plupart des gens qui sont là ont transité par le Pakistan, et ils disent qu’ils étaient mieux traités là-bas.

Pour le Mouvement VEGA, les demandeurs d’asile afghans (comme tous ceux qui entrent dans le cadre de la Convention de Genève, parce qu’ils proviennent d’un pays en guerre ou pour d’autres raisons) doivent se voir reconnaître la qualité de réfugiés et octroyer un permis de séjour et de travail.

Les demandeurs d’asile afghans en grève de la faim à l’église du Béguinage (Bruxelles) et les nombreux associations et citoyens qui les soutiennent méritent mieux qu’une cacophonie gouvernementale à deux voix.