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Un contexte qui se dégrade depuis le 12 juin

Le 12 juin dernier, trois élèves de l’école talmudique installée au centre d’Hébron rentrent dans leur colonie en faisant du stop sur une route au nord de la ville. Ils sont enlevés et promptement assassinés à proximité du lieu de leur enlèvement. Les auteurs de ce triple crime restent inconnus à ce jour.

Immédiatement, et sans preuve, le gouvernement israélien rend le Hamas responsable de ce triple assassinat. Une vague d’opérations d’intimidations, de brutalités, de démolitions, de centaines d’arrestations et une dizaine de meurtres de civils palestiniens s’ensuivent à travers toute la Cisjordanie. Dès le 14 juin, la bande de Gaza est bombardée (un enfant tué à Beit Laya) ; une dizaine de raids aériens sont lancés le 19 juin (plusieurs écoles sont touchées).

Les corps des trois victimes israéliennes sont enfin retrouvés par les forces israéliennes le 30 juin, dix-huit jours après leur disparition tragique. Des cris de haine et des appels au meurtre retentissent en Israël. Un adolescent palestinien enlevé à Jérusalem est lié à un arbre et brûlé vif.

En représailles, des activistes de Gaza proches du Hamas, reprennent leurs tirs de roquettes le 1er juillet vers diverses cibles israéliennes. Ces tirs d’engins rudimentaires ne feront comme d’habitude aucune victime. Mais, représailles de représailles, c’est le prétexte qu’attendait le gouvernement israélien pour déclencher le 8 juillet des bombardements massifs et indiscriminés, en touchant notamment des hôpitaux ou fauchant des enfants jouant au foot sur une plage. La machine de propagande israélienne tourne à plein et présente comme une opération visant des tunnels creusés par des Palestiniens en direction d’Israël une invasion terrestre déclenchée le 18 juillet, toujours soutenue par l’aviation et la marine. Les destructions de biens, de l’infrastructure et surtout de vies humaines ne se comptent plus. Jusqu’au déclenchement des opérations au sol, les victimes israéliennes du conflit se comptaient sur les doigts d’une main, alors que du côté palestinien, le macabre compteur indiquait alors déjà plus de 240 victimes, principalement civiles, parmi lesquelles un grand nombre de femmes et d’enfants. Depuis le début de l’invasion terrestre, la disproportion des moyens utilisés de part et d’autre reste manifeste. La plupart des victimes israéliennes sont des soldats et le nombre de victimes palestiniennes continue hélas à augmenter beaucoup plus rapidement. Cette nouvelle guerre déclenchée par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien s’annonce encore plus meurtrière que celles de 2008-2009 et 2012.

En quoi somme-nous concernés ?

Pourquoi le sort abominable réservé aux populations palestiniennes touche-t-il autant les peuples d’Europe ? Par l’histoire, les liens familiaux, l’économie, la recherche, le sport, Israël est un pays européen. À ce titre, les actions de ses gouvernants sont soumises à la même critique que celles des gouvernements autrichien ou hongrois, par exemple. En violation du droit international, non seulement Israël impose un blocus à Gaza et occupe militairement la Cisjordanie, mais colonise ces territoires depuis des dizaines d’années. Sous la faible pression de l’Europe mais surtout des États-Unis, grand bailleur de fonds de l’État israélien, les gouvernements israéliens se prêtent régulièrement à des simulacres de « négociations » avec des représentants palestiniens. Mais comme les Palestiniens n’ont aucune marge de manœuvre puisqu’ils ont déjà tout perdu, et que les Israéliens ont déjà tout gagné, ces bavardages n’aboutissent jamais. Les gouvernements israéliens ont toujours détenu toutes les clés; or on a assisté à un glissement progressif de ces gouvernements au point qu’y siègent aujourd’hui de nombreux représentants de l’extrême-droite. On ne peut donc rien en attendre. Seules de réelles pressions extérieures permettraient de faire évoluer la situation. On ne doit sans doute rien attendre des États-Unis, le Congrès y étant totalement acquis aux thèses des pires faucons israéliens. En Europe par contre, premier partenaire économique d’Israël, à défaut de pressions suffisantes de la part des gouvernements et de l’UE, les citoyens possèdent un inestimable levier sous la forme du boycott, non seulement des produits illégaux provenant des colonies de Cisjordanie, mais de tout produit ou toute relation économique, culturelle, académique ou sportive avec Israël tant que ses dirigeants refusent de se plier aux règles du droit international. En cette période de crise intense, il est plus que jamais urgent de le rappeler. Seule une action déterminée que les dirigeants israéliens pourront ressentir a des chances de faire bouger les lignes.

Manifestons

Avec la soixantaine d’autres organisations de la plateforme Urgence Gaza, VEGA appelle à une manifestation nationale le dimanche 27 juillet à Bruxelles. Avec les organisations signataires, VEGA réclame avec vigueur au gouvernement belge et à l’Union européenne d’agir immédiatement afin de :

– dénoncer et condamner avec fermeté les violations du droit international commises depuis le début de l’offensive ;
– exiger un cessez-le-feu et imposer un embargo sur les armes ;
– exiger d’Israël la levée du blocus illégal de la bande de Gaza ;
– suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël tant que ce dernier ne respectera par le droit international systématiquement violé par l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens ;
– soutenir le gouvernement palestinien d’entente nationale.

Pour en savoir plus…

http://www.association-belgo-palestinienne.be/infos/breves/manifestation-nationale-en-solidarite-avec-la-palestine/

http://upjb.be/communiques/article/manifestation-nationale-en-solidarite-avec

http://www.cnapd.be/Appel-pour-une-manifestation937.html

http://www.fgtb.be/web/guest/news-fr/-/article/2498660/;jsessionid=uDm7c5l_A-8QHA-Aig_3FWW&p_l_id=10624